Deux semaines de laboratoire aux Tanzmatten pour la Compagnie

28 février 2020. Les artistes de la Compagnie de L’Évasion passeront les deux premières semaines de mars en résidence aux Tanzmatten, à Sélestat. Deux semaines de recherches, d’expérimentations, de laboratoire qui alimenteront le prochain spectacle – à venir en 2021 – de la troupe de «performeurs», qui réunit les plasticiens et les musiciens de L’Évasion, projet atypique porté par des personnes en situation de handicap, installé à Sélestat depuis sa création en 2004.

La première semaine sera consacrée au conte et à l’objet et à sa manipulation dans l’espace. Elle sera animée dans un premier temps par la conteuse Annukka Nyyssonen. Son approche? La notion de jeu, l’engagement, le goût pour ce que les contes traditionnels nous racontent aujourd’hui. La deuxième partie de la semaine sera conduite par la marionnettiste, conceptrice de spectacles et metteuse en scène Catherine Sombsthay, responsable artistique de la Compagnie Médiane, qu’elle a fondée à Strasbourg en 1984. L’idée est d’explorer l’interaction entre le manipulateur et l’objet, leur occupation de l’espace, l’histoire qu’ils racontent ensemble.

La deuxième semaine se déroule en partenariat avec Pôle Sud, Centre de développement chorégraphique national de Strasbourg. Ils seront accompagnés par le chorégraphe et artiste polymorphe Pierre Boileau. Ils fouilleront avec lui une nouvelle approche du corps, de l’expression corporelle et du mouvement en relation avec l’objet et l’image.

Ce travail de la Compagnie, sous forme de workshops, a débuté en septembre 2019 avec un premier laboratoire de recherches avec Sherley Freudenreich, peintre et artiste visuelle pour le spectacle vivant. Les plasticiens avaient alors expérimenté différentes techniques d’animations vidéographiées.

La Compagnie de L’Évasion a déjà produit deux spectacles professionnels d’ombres avec orchestre, tous deux basés sur la mythologie grecque et mis en scène par François Small.

Fruit d’une recherche à la fois plastique et musicale, Fichu Serpent! L’ombre d’Orphée (2012) propose une immersion atypique dans le mythe d’Orphée, ce jeune poète et musicien amoureux, parti aux Enfers à la recherche de sa belle Eurydice. Tout en ombre et en musique, cette création d’une grande sensibilité révèle une poésie nouvelle, à l’image du travail graphique des artistes de L’Évasion. A l’émerveillement du spectacle des ombres défilant sur un écran de papier, s’ajoute l’envoûtante musique jouée en direct par quatre instrumentistes et bruiteurs.

Avec Au Travail! Les 12 T d’Hercule (2016), la compagnie revisite les 12 Travaux d’Hercule. Sur scène, graphisme et musique se construisent en direct. Les plasticiens se servent de l’étendue de leurs palettes (peinture, gravure, marionnette) pour illustrer ce personnage aux mille facettes, tandis que les musiciens alternent les univers : péplum, ballades, blues, et premières immersions vers les sonorités électroniques. Les deux spectacles ont eu un rayonnement régional et national, notamment «Fichu Serpent!» retenu dans le cadre des Régionales de l’Agence Culturel d’Alsace.

Aujourd’hui, la Compagnie de L’Évasion se lance dans un troisième projet, aux côtés de nombreux partenaires et notamment Les Tanzmatten, qui accueilleront régulièrement la troupe entre 2020 et 2021 et proposeront des temps forts ouverts aux publics avant de faire découvrir leur prochaine production à l’automne 2021.

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